Un nouveau guide édité par le MEN plaide pour un Bac propre «sans fraude» tout en donnant aux candidats des conseils pour augmenter leurs chances de réussite.
Quoi de mieux qu'un guide pour répondre aux questions des jeunes candidats et leurs parents. Au ministère de l'Education nationale, on se mobilise afin de garantir un bon déroulement des épreuves. Ainsi, le ministère de tutelle a édité un nouveau guide pour les candidats au baccalauréat. Ce guide tend à donner aux élèves une large visibilité sur l'organisation des examens.
Il s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des projets du programme d'urgence de l'Education nationale relatifs à la modernisation du système d'évaluation et des examens. Ce manuel qui est composé de dix volets fournit des consignes qui montrent aux jeunes candidats les mesures à entreprendre pour réussir leur bac.
Pour des milliers de candidats, le compte à rebours a déjà commencé. L'heure de la vérité s'approche et le temps qui reste à ces élèves s'égrène très vite. La pression qui accompagne les préparations génère une situation de tension et de stress. Et chaque candidat à ses propres astuces pour la gérer. Pour donner un coup de pouce aux élèves, le guide leurs propose à quelques semaines du jour «J» les astuces de réussite, les données détaillées sur les examens du baccalauréat, les sections, les filières de l'architecture pédagogique, les composantes et les méthodes de calcul des moyennes. Faire échec à la fraude est l'une des priorités dans ce manuel. Cette année le ministère consolide sa volonté pour combattre le phénomène de la triche.
Lutter contre toutes les formes de la fraude. Une bonne partie du guide destiné aux candidats, est consacré à la sensibilisation sur les conséquences de la fraude. Pour assurer une égalité des chances, le ministère de l'Education nationale avait déjà édicté un ensemble de textes qui visent à sanctionner sévèrement la triche lors des examens. Le dernier en date remonte au 8 mars 1999. Il a pointé du doigt la pratique, en insistant sur la constitution de conseils disciplinaires spéciaux pour statuer sur les cas de fraude. Le refus de la candidature du tricheur pendant deux années scolaires était la sanction la plus dure. Les méthodes de triche aux examens ont beaucoup évolué. Le guide a cité les pratiques prohibées. En premier lieu, il est strictement interdit d'utiliser des documents, les calculatrices, sauf dans les épreuves où son utilisation est nécessaire. Le téléphone portable ne peut être introduit à la salle des examens. Il ne faut pas parler avec les autres, ni échanger des feuilles lors de déroulements des épreuves. Et enfin, le candidat ne doit pas sortir de la salle des examens avant l'écoulement de la moitié du temps consacré à l'épreuve. A noter que des sanctions sévères sont réservées aux tricheurs.
Considérée comme un manquement au contrat éducatif entre l'élève, ses camarades et ses enseignants, la fraude est contre l'éthique. Dans ce sens, le dahir (1-58-060, promulgué le 25 juin 1958) définit la triche lors des examens comme un délit passible d'une peine d'emprisonnement de 1 à 3 mois de prison ferme et une amende.
Une loi existe donc pour lutter contre ce phénomène. Mais les pratiques frauduleuses sont tellement généralisées qu'il est très difficile de les contenir. Selon une étude réalisée, il y a quelques années par le Centre marocain d'éducation civile, 47% des élèves ont recours à ce délit. Une grande majorité des enseignants reconnaissent son existence dans les établissements scolaires. Pire encore, 12% des élèves pensent que la triche est une nécessité. Tandis que 52% d'entre eux affirment y recourir de temps en temps. La fraude continuera à prendre de l'ampleur dans les établissements scolaires tant que les conditions qui la favorisent sont encore réunies. pour pallier ce genre de situation, il faut en premier lieu penser à réduire le nombre des candidats affectés à une salle. De même la vigilance doit être double pour bien contrôler les entrées et sorties des candidats.
Le guide a élaboré des consignes pour une bonne préparation. L'optimisme est le maître mot. Les auteurs ont ainsi cité un ensemble d'astuces en vue d'aider le candidat à surmonter son stress, à préparer son travail, à gérer son temps et ses efforts.
État des lieux
Une des meilleures mesures à prendre dans les centres d'examen est de réduire le nombre des candidats affectés à la même salle. Réunir plus de 20 élèves dans une salle, c'est compliquer la tâche aux surveillants. Il est préférable de multiplier le nombre des salles d'examen et d'augmenter l'effectif des enseignants surveillants.
On doit motiver davantage les surveillants à l'accomplissement des heures de surveillance. Il est souhaitable de revoir à la hausse la prime qu'ils perçoivent en contrepartie de cet effort. A noter que pour que la majorité des professeurs, la surveillance aux examens n'est pas une partie de plaisir. Des enseignants nous ont indiqué qu'ils préfèrent assurer d'affilée trois cours de deux heures chacun que de surveiller un examen d'une seule heure. Enfin, il faut avouer que la triche relève, désormais, d'un état d'esprit. Le recours aux fausses copies, aux moyens de communication et autres antisèches reflète un état d'esprit très répandu au Maroc chez les adultes que chez leurs cadets, le fait de constater que bien des gens réussissent dans la vie en utilisant des moyens détournés et des pratiques frauduleuses éhontées. Pourquoi se sentir obligé d'emprunter les voies autorisées pour parvenir à ses fins ? Ce serait même bête, selon cette perspective, de ne pas se laisser tenter par la triche, quand elle ne présente pas vraiment de risque.
source:Abderrahim Bourkia: LE MATIN